Ce réseau long de 1534 kilomètres, éclairé et visible même de l'espace, est déjà extrêmement coûteux en termes d'entretien. Il est également « complet » au sens où les autoroutes s'articulent pour former un maillage cohérent.
Le coût moyen à la construction d'un kilomètre d'autoroute est d'environ six millions d'euros mais pas dans le cas de ce projet pharaonique!
Parallèlement. les investissements dans les transports en commun en général et dans le rail en particulier sont plus que médiocres et ce depuis des lustres.
Le projet autoroutier CHB, Cerexhe – Heuseux –Beaufays , du nom des villages qu'il relierait de part et d'autre de la vallée de la Vesdre, en région liégeoise, ~st la démonstration par j'absurde d'une vision politique « préhistorique ».
Choix prioritaire pour certains qui souhaitent laisser leur empreinte, sujet d'incompréhension et d'inquiétude pour d'autres qui s'interrogent sur nos choix de société.
En particulier, pour ceux dont le choix que l'on nomme «développement durable » a un sens.
Un sens qui recouvre tout à la fois le développement économique, la qualité de la vie et la préservation d'un environnement de qualité.
Comment en effet accepter que ce projet datant de 1969, donc du siècle dernier, technologiquement dépassé, porteur d'une aggravation pour les problèmes qu'il prétend résoudre (pour soulager le trafic de transit qui traverse l'Europe par ses grands axes que sont les autoroutes wallonnes] puisse voir le jour?
Non seulement il obéi à une logique du tout à l'auto mais surtout du tout au camion, à cette logique des stocks toujours en mouvement qu'est le flux tendu - just in time - mais encore, il couperait ce poumon vert à l'est de Liège qu'est la vallée de la Vesdre, traversant par la même occasion une série de zones habitées [ à Soumagne, Fléron, Trooz, Beaufays ] or que le trafic routier dispose déjà de trois autres liaisons?
- E/-25 [axe Luxembourg vers Anvers ou Maastricht et les Pays-Bas et la E/40 [axe Bruxelles - Aachen) - av~c comme liaison le tunnel sous Cointe.
- Les Anversois peuvent rejoindre Luxembourg en passant par Bruxelles et Namur [ring de Bruxelles! E411) ou Loncin et Namur [E313/E42/E411), et les Hollandais passer par Loncin et Namur [A25/E42/ E411)
- Pour tout le trafic international [Anversois et Hollandais compris) la possibilité d'emprunter l'E40 [ Bruxelles -Aachen) jusqu'à l'échangeur de Battice et d'utiliser l'autoroute Verviers -Prüm- Wittlich [E42-A60) vers Saarbrücken [E422-Al),. en évitant Luxembourg, pour rejoindre l'Est de la France [Strasbourg), la Suisse et l'Italie du nord.
Trêve de plaisanteries:
- Cette liaison n'est pas le dernier maillon «indispensable du ring autour de liège », elle devra être complétée par un axe surplombant (ou traversant) la vallée de l'Ourthe entre Tilff et Seraing.
- Ces deux projets pharaoniques défigureront à jamais les alentours de Liège.
- Le trafic de CHB sera à 97% local (voir analyse d'Inter Environnement Wallonie).
- Elle ne désengorgera pas .les quais de la Dérivation, seule la mise au gabarit de ceux-ci pourrait apporter une amélioration
- Etc.
Non, elle ne résoudra rien au mieux elle apportera un répit de quelques années mais à quel prix ?
- Détricotage du tissu urbain liégeois, la réalisation de cette autoroute contribuera à vider Liège des ses habitants et de ses activités ;j
- Nuisances sonores, visuelles et autres pour toutes les zones traversées par cette « magnifique » jetée en béton ;
- Destruction de nombreux sites remarquables tels les pelouses calaminaires, les bois, les landes, la proximité des sites Natura 2000;
- Le Gouvernement wallon (PS –cdH ) s'est même offert le luxe d'un « permis spécial » pour CHB en modifiant purement et simplement le Code wallon d'aménagement du territoire, qui lui a permis de faire passer à la trappe la procédure de révision du plan de secteur de Liège ainsi que la mise en place d'études comparatives avec d'autres alternatives de mobilité.
- Mais aussi et surtout un endettement colossal qui sera à charge des contribuables wallons pour plusieurs décennies! Evaluée à 180 millions d'euros il y a vingt ans, cette réalisation est aujourd'hui estimée à 250 millions d'euros par le MET.
De qui se moque-t-on ? Imagine-t-on le contribuable wallon assez stupide pour ne pas réaliser que ce projet est largement sous évalué. Ce qui reviendrait à dire que l'augmentation du coût de la construction n'aurait été que d'environ 38 % en vingt ans?
- En clair cela reviendrait à dire qu'une maison qui aurait coûté 1.000.0000 de francs belges, il y a vingt ans, coûterait aujourd'hui 1.380.000 francs belges ( soit 34.209 euros) ... !
Pour ECOLO, il n'est pas question d'investir ne fusse qu'un seul euro dans cette catastrophique liaison CHB, avant que toutes les pistes l'excluant ne soient examinées.
Il n'est pas non plus concevable qu'en 2005, le Gouvernement wallon ait pu dégager 7,5 millions d'euros pour des études techniques du projet sans avoir engagé un cent pour s'assurer qu'il soit le bon choix (l'étude Stratec - 2003 dite socio-économique n'est en fait qu'une étude financière).
A I'heure où les problèmes environnementaux et énergétiques défraient la chronique, à celle où le réchauffement climatique est irréfutable mais non totalement inéluctable, faut-il favoriser une mobilité plus que polluante et grandement énergivore si peu soucieuse de l'avenir de la planète?
« Nul ne peut plus ignorer que se déplacer de manière motorisée individuellement va très vite devenir un luxe que très peu pourront continuer à s'offrir tandis que la grande majorité de la population sera contrainte de se débrouiller avec les infrastructures de transport en commun dans lesquelles on aura pas investi et qui se retrouveront sous développées et vétustes. Continuer de promouvoir et d'investir dans le réseau routier, revient donc à se préparer un vrai chaos de mobilité. Ce chantier se présente donc comme le dernier descendant d'une illustre famille wallonne, celle des grands travaux inutiles»
[Olivier De Wispelaere).
Éric JADOT & Marguerite CLOES Secrétaires Régionaux de Liège
( extrait du bulletin mensuel CAP AU VERT de la régionale ECOLO de Liège – N°8 – Février 2007 )